Chaire de recherche du Canada en lutte biologique

Titulaire: Jacques Brodeur

Considérant les impacts négatifs sur l’environnement et sur la santé humaine des pesticides de synthèse utilisés pour le contrôle des organismes nuisibles en agriculture et en foresterie, la lutte biologique s’impose aujourd’hui comme une solution alternative qui soit à la fois efficace, durable et économique. Elle consiste en l’utilisation d’organismes vivants comme « guerriers naturels » pour réduire les populations d’insectes indésirables. La Chaire de recherche du Canada en lutte biologique poursuit trois principaux objectifs : (i) identifier les principes écologiques et les mécanismes qui gouvernent les interactions entre les espèces des communautés d’arthropodes; (ii) appliquer ces principes au développement de stratégies et de programmes en lutte biologique; et (iii) promouvoir la lutte biologique.

Parmi les réalisations les plus originales, nous retrouvons : (i) la caractérisation en milieu naturel par Annabelle Firlej, de la diversité biologique des carabes dans l’agroécosystème du soya et de leur rôle comme auxiliaire de lutte au puceron du soya; (ii) la réalisation d’une étude par Julie Poitras-Saulnier sur l’utilisation au cours des quarante dernières années des pesticides de synthèse dans les vergers de pommiers; (iii) la caractérisation de la biologie saisonnière et des interactions hôtes-parasites chez les parasitoïdes des œufs de l’arpenteuse de la pruche par Simon Legault; (iv) la mise en évidence par Mathieu Bélanger-Morin de l’impact des coupes partielles en milieu forestier sur la diversité et l’abondance des insectes xylophages; (v) la réalisation d’une étude par Véronique Gariepy du rôle de diverses espèces de parasitoïdes du puceron du soya ainsi qu’une première observation en conditions naturelles au Québec d’Aphelinus certus, ce qui réoriente les stratégies de lutte biologique; (vi) la publication par Jacques Brodeur d’un article synthèse sur le rôle de la spécificité parasitaire en lutte biologique, en prenant comme modèle biologique les champignons opportunistes.

Enfin, pour que la lutte biologique s’impose de plus en plus comme une alternative durable aux pesticides, il faut la démystifier et la promouvoir auprès des décideurs politiques, des utilisateurs et du grand public. Jacques Brodeur a poursuivi cet objectif à plusieurs niveaux, dont comme président de l’International Organization for Biological Control.

Cette recherche a été entreprise grâce, en partie, au soutien financier du programme des chaires de recherche du Canada.

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