Bourse J. André Fortin

La bourse J. André Fortin est remise annuellement pour la meilleure thèse en mycologie ou sur les mycorhizes soutenue dans l’année par un étudiant inscrit à l’IRBV. Cette bourse de 1000$ provient d’un généreux don annuel de M. J. André Fortin, que nous remercions.

Longtemps professeur à l’Université Laval, où il avait développé une recherche pionnière sur les mycorhizes, monsieur J. André Fortin est devenu le premier directeur de l’IRBV lors de sa fondation en 1990; il s’était alors mérité le titre de scientifique de l’année de Radio-Canada pour sa contribution à l’Institut. Il y a développé un très productif laboratoire de recherche dans ce domaine. Après son départ de l’IRBV en 1996, M. Fortin est demeuré actif en mycologie, tant dans ses aspects fondamentaux qu’appliqués.

Modalités d’attribution

La bourse est remise à un étudiant inscrit au doctorat à l’Université de Montréal en direction ou en codirection avec un professeur-chercheur de l’IRBV. La soutenance de thèse doit avoir eu lieu dans l’année précédant la date de soumission, c’est à dire entre le premier septembre de l’année précédente et le 31 août de l’année courante.

Le dossier de candidature doit inclure les éléments suivants:

  • La page couverture, le résumé, et la table des matières de la thèse, cette dernière indiquant le status de publication de chaque chapitre (soumis, en révision, ou publié – donner la citation complète de l’article dans ce cas);
  • le rapport du jury de soutenance;
  • une lettre de recommandation du directeur de thèse soulignant en quoi la thèse se mériterait la bourse.

Date de dépôt

Les étudiants doivent soumettre leur candidature avant le 31 août de chaque année et envoyer leur dossier en format pdf à Véronique Gaury (veronique.gaury@umontreal.ca).

Récipiendaire 2018

Thomas PrayThomas J. Pray est le second récipiendaire de la bourse J.-André-Fortin, pour sa thèse intitulée « The effect of mycorrhizal fungi associated with willows growing on marginal agricultural land ».

Pour son doctorat, Thomas a évalué l’impact d’inoculants mycorrhiziens sur deux clones de saules employés pour la production de biomasse sur terrains marginaux. Cette expérience, supportée par une subvention du Programme de soutien à l’innovation en agroalimentaire du Ministère de Agriculture, Pêcheries et Alimentation du Québec, a servi de cadre de départ pour ses travaux. Thomas a pris en charge la mise en place de l’expérience au champ et a analysé l’effet de divers paramètres (texture du sol, inoculation mycorhizienne, fertilisation azotée) sur la croissance des arbres durant trois années, ainsi que sur la diversité de champignons associés à leur rhizosphère. Il a fait preuve d’une grande rigueur pour le choix de la méthodologie et des paramètres à étudier, dont les populations fongiques naturelles et introduites en cours d’essai.

L’originalité de son doctorat tient au fait que l’étude touche la production de biomasse en conditions réelles et à une échelle commerciale, avec plus de 21 600 arbres, ainsi que par l’exploitation d’inoculants disponibles commercialement plutôt que de souches provenant de collections de recherche. Au-delà des applications potentielles directes de cette recherche sur la production de biomasse, il s’est aussi intéressé à mieux comprendre les interactions entre les microorganismes du sol et les saules en milieu agricole.

Les connaissances générées dans ces travaux sont originales et utiles autant pour la gestion des cultures de saules que pour la connaissance de la biodiversité fongique dans ce type de culture. À l’aide d’une méthode de séquençage à haut débit, Thomas a obtenu une matrice d’abondance de plus de 702 unités taxonomiques fonctionnelles de champignons dont plusieurs étaient dominants dans la rhizosphère des arbres et similaires à des séquences de champignons mycorhiziens. Ces matrices ont aussi montré que la texture du sol et la fertilisation azotée influençaient significativement la communauté fongique alors que l’inoculation n’a pas eu d’effet significatif sur la croissance des arbres. Il a interprété ce dernier résultat comme étant dû à la compétitivité des espèces indigènes aux sites étudiés et ouvert la discussion sur l’opportunité de gérer ces communautés symbiotiques par des traitements culturaux afin d’augmenter les bénéfices éventuels pour les saules.

Un chapitre de sa thèse est maintenant publié dans le journal Forests.

Récipiendaire 2017

Alice Roy BolducAlice Roy-Bolduc est la première récipiendaire de la bourse J.-André-Fortin, pour sa thèse intitulée « La face cachée de la dune: Communautés fongiques du sol: dynamique, succession et interactions avec la végétation d’un écosystème dunaire côtier aux Îles de la Madeleine, Québec ».

La thèse dirigée par Mohamed Hijri et Étienne Laliberté de l’IRBV, et par Stéphane Boudreau de l’Université Laval, a fait l’unanimité au sein du comité de sélection qui a été impressionné par l’originalité et l’excellence générale du travail de l’étudiante. Les résultats des travaux d’Alice permettent en effet de mieux comprendre les processus d’évolution et d’interaction des communautés végétales et fongiques des systèmes dunaires. Les données obtenues grâce aux techniques de biologie moléculaire, de séquençage à haut débit et de bio-informatique avancée ont permis à la jeune chercheure de publier six articles durant son doctorat, dont trois comme première auteure dans des revues de haut calibre, et un comme auteure principale d’une revue de littérature.

L’impact d’Alice Roy-Bolduc ne se résume pas uniquement pas aux nouvelles connaissances qu’apportent ses travaux scientifiques sur la dynamique et l’interaction des communautés fongiques des dunes des Îles de la Madeleine. Elle laisse aussi sa marque dans son milieu de travail et dans la communauté. Représentante étudiante impliquée et aimée, Alice a organisé de nombreux événements sociaux et éducatifs. Son énergie débordante et son dynamisme légendaire ont rendu possible des évènements variés allant des fêtes de Noël aux symposiums du Département de sciences biologiques et au club de lecture scientifique sur les microorganismes du sol. Impliquée au niveau environnemental, la jeune femme qui se déplace à vélo à l’année, s’implique beaucoup dans différentes causes, dont la Corvée du Mont-Royal, où elle a tenu un kiosque de l’IRBV et a mis sur pied une équipe de biologistes bénévoles de l’IRBV récoltant des données de croissance d’arbres et arbustes sur plusieurs années.

+ Centre sur la biodiversité